Sandrine and Christopher's trip around-the-world
Monday, March 14, 2005
Ile de Pacques, Santiago, Chile du Sud, Argentine
Nous avons pris notre avion à minuit pour arriver à 11 heures du mat, après 5 heures de vol….. Nous étions claqués mais j’ai sauté de joie quand j’ai posé les pieds sur cette île qui m’a toujours fait beaucoup rêver. Je voulais bénir le sol à la Jean Paul II mais bon ….
L'île de Pâques et paradoxalement l'une des îles du pacifique les plus connus, car ces célèbres monolithes sont quasiment devenus un cliché universel mais c'est aussi la plus éloignée dans de toutes terres habitées ! Il y a à peine 30 ans, l'île ne recevait qu'un bateau de guerre par an, apportant vivre et matérielle. Ne surtout pas l’aborder comme une île « paradisiaques » (on n'y trouve peu de cocotiers) mais plutôt comme une terre capable de soulever l'émotion à chaque moment. Et oui ! Il y a peu d'endroit au monde où l'on ressent sur une surface aussi réduite la force et la richesse d'une grande civilisation...
Quelques chiffres:
A peine 23 km de long sur 12 km de large, la forme quasi parfaite d'un triangle isocèle avec un volcan éteint à chaque angle faisant 400 m de haut.
Située à 3760 km du Chili et à laquelle 4000 km de Tahiti. C'est une île très verte avec de douces collines autour de Hanga Roa la capitale. Il ne reste que peu d'arbres sur l'île, seulement quelques cocotiers et eucalyptus planté il y a quelques années. On pense qu'il y a eu dans le passé des forêts qui disparurent au fil de l’histoire.
On ne sait pas très précisément quant au peuplement de l'île. A priori, il y a 1500 environ, par des hommes venant de l'Ouest (Polynésie, îles marquises, Indonésie), sur des catamarans qu'ils avaient inventé près de 2000 ans avant nous. Précisons tout de suite les choses : ses bateaux étaient plutôt le genre « arche de Noé » avec hommes, femmes, enfants, bestiaux et plantes en tous genres destinés à assurer la subsistance autant en mer que dans la future colonie.
Ce peuplement s'effectuait-il en une seule ou plusieurs fois ?
-Nul ne le sait. Il ne reste aujourd'hui que la tradition orale, en l'absence de tout document écrit (en attendant qu'on découvre enfin les clés de l'écriture Pascuane, les fameuses Rongo rongo, tablettes de bois gravés de signes étranges, découverte au XIXe siècle). Depuis de nombreuses années, chercheurs, linguistes, et ethnologues tentent d'en trouver la signification. De nombreuses versions sont élaborées qui ne s'accordent pas toujours les unes avec les autres. L'écriture Pascuane reste un mystère.
Quant au peuplement c'est encore dans la tradition orale qu'il faut aller fouiller. D'après celles-ci, un roi polynésien vaincu, Hotu Matua, parti à la recherche d'une autre terre (comme c'était la tradition à l'époque) et débarqua à Rapa nui (non Pascuan de l’île de Pâques). Sachant probablement que c'était la dernière île avant longtemps, il y resta (malgré son abord inhospitalier et ses ressources limitées).
Pour la petite histoire, avant le roi et la communauté, aurait envoyé sept éclaireurs, 7 fils de roi, à qui on aurait ensuite rendu hommage en construisant les sept Moaïs d'Akivi, les seules moaïs de toute l'île à être tourné face à la mer. Aucun élément historique ne permet de comprendre ce que fut la société Pascuane du cinquième au XVIe siècle. Elle se divisa en 10 ou 12 tribus, ça c'est à peu près sûre, et se partagea l'île sur le modèle d'un gâteau d'anniversaire et qui assurait un débouché sur la mer pour chaque tribu. Selon la tradition orale, il y aurait eu plusieurs vagues distinctes immigration :
Celle des courtes oreilles et celle des longues oreilles. Il semblerait que les longues oreilles furent à l'origine les sculpteurs des moaïs en imaginaient aisément l'esprit de compétition qui devait animer les différentes tribus pour la fabrication et la mise en place des statuts. À cette époque, l'île était très peuplée (environ 30,000 habitants). Sur une surface aussi petite et avec des ressources aussi maigres on a aucun mal à imaginer les problèmes engendrés par une telle surpopulation. En outre, la vie sur l'île dépendait de la météo. Se sont succédé des cycles de sécheresse puis de mer dure et froide rendant toute pêche possible. De là probablement les traditions d’anthropophagie, surtout les guerres incessantes qui devaient se dérouler entre tribus pour assurer leur approvisionnement. Paradoxalement, les massacres qui en découlèrent devaient apparaître, en quelques sorte, comme des éléments de régulation démographique quasi obligatoire.
La légende veut qu’après des siècles de guerre tribale, surgit la révolte. Avec ruse, les courtes oreilles massacrèrent leurs ennemis et un seul longue oreille fut épargné. Traditionnellement, les vainqueurs renversèrent face contre terre les moaïs adverses. C'est ce que, dit-on, firent les courtes oreilles qui n'eurent de cesse de mettre à bas les effigies de leurs anciens ennemis dont ils arrachèrent les yeux de corail blanc, siège de l'énergie vitale du mana. Ce qui expliquait que les premiers navigateurs qui abordèrent l’île mirent l'accent sur le très faible nombre de moaïs encore debout. D'ailleurs, lors de leur passage au XVIIIe siècle, la société Pascuane était déjà largement entrée en décadence.
C'est en 1722 qu'officiellement Rapa nui fut découverte par un européen. Comme c'était le jour de Pâques, il nomma naturellement l'île « Pasqua » premier découvreur, premiers coups de feu, et les premiers pas en tombèrent, emportant avec eux un avant-goût de notre action civilisatrice.
En 1770, le vice-roi du Pérou prit possession de l’île au nom du roi d'Espagne. Plusieurs navigateurs se succédèrent en 1786, C’est au tour de l’homme célèbre La Pérouse, avec son bateau la Boussole, de débarquer. La première moitié du XIXe siècle connut diverses expéditions d'aventuriers venus piller ou prendre des esclaves, ainsi que quelques tentatives d'évangélisation (qui se terminait en méchoui pour les missionnaires).
En 1863 se déroula une véritable tragédie. Six bateaux péruviens débarquaient pour réduire en esclavage la plus grande partie de la population et l'emmener dans les mines de guano au Pérou. Ce qui résistaient furent tués. Quand le Pérou se décida à libérer les Pascuans, il était malheureusement trop tard. Plus de 80 % d'entre eux étaient déjà morts d'épuisement et de maladies dans les mines. Une centaine de survivants repartis pour l'île de Pâques, mais la tragédie allait cependant continuer. Pendant le voyage, la variole décima quasi totalement les ultimes rescapés et la transmirent aux gens de l'île. En 1864, sur 5000 habitants que comptaient Pâques avant le raid, il ne restait plus que quelques centaines. Pourtant, cette catastrophe ne se limitera pas qu'aux victimes humaines. Elle déclencha aussi l'anéantissement de toute la tradition orale, de toute la mémoire de l’île.
Une manière de « finir le job » de faire disparaître la culture traditionnelle Pascuane, en 1868, profitant de la faiblesse et du dénuement de l’île, les archéologues du British Museum, après avoir saisi en Grèce, vinrent se servir dans l'île et s'emparèrent de quelques uns des plus beaux moaïs.
Quelques années plus tard, les terres furent louées à une compagnie britannique pour l'élevage des moutons. Les Pascuans furent parqués à Hanga roa et le village fut entouré de barbelés. Pour sortir, une autorisation des autorités militaires était nécessaire et toute circulation sur l’île interdite après 18 heures. Alors on assista à cette situation invraisemblable : les Pascuans emprisonnés dans leur propre île, et quelques dizaines de milliers de moutons et leurs propriétaires anglais libres de désertifier la campagne, agissant en vrai maître de Pâques. Aprrès c’était au tour des militaires chiliens d’agir de la même sorte. Ce n'est que dans les années 1960 que le régime se libéralisa. En 1966, les Pascuans obtinrent enfin le droit de vote et des papiers d'identité leur existence connut des améliorations : électricité, eau courant, école etc.
Parlons un peu des moaïs, ces mystérieux statuts édifiés entre le neuvième et le XVIIe siècle. Il en resterait près de 1000 sur l’île.
Élevé en bord de mer, les yeux tournés vers l'intérieur, il personnifiait le culte des ancêtres de chaque clan ou tribu, protégeant leurs descendants et transmettant le mana, le pouvoir, l'énergie nécessaire pour la survie du clan. Sculptés dans le tumulte génique du ranu raraku, la carrière des moaïs, ils pouvaient peser jusqu'à 60 t. Ce qui provoqua évidemment les fantasmes de tous les archéologues.
Comment les Pascuans réussirent ils à parcourir tant de kilomètres (jusqu'à 20) avec, à l'époque, des moyens techniques aussi rudimentaires ?
Plusieurs techniques ont été avancées : faire glisser le moaïs et sur des rondins, eux-mêmes roulant sur des rails de bois (avant, il y avait des forêts sur l'île et, probablement, des essences de bois dur).
Autre hypothèse retenue : le moaïs était debout et on le faisait pivoter centimètre par centimètre avec l'aide de cordes. Il suffisait ensuite d'être animé d'un enthousiasme inébranlable, à une époque où la notion du temps n'était pas la même qu'aujourd'hui et, surtout, d'arriver à une parfaite coordination des efforts. Curieusement, la tradition orale rapporte que le moaïs se dirigeait parfois à pied vers leur ahu.
Certains moaïs portent sur la tête une sorte de cylindres de pierres rouges, le pukao. Il s'agirait de la représentation des cheveux, remontaient en chignon, de l'ancêtre divinisé. L'hypothèse renforcée par le fait que les chefs de clan se peignaient les cheveux en rouges avec de la terre.
Les ahus sont les plates-formes de pierres et de terre qui supportait des moaïs. Construite parallèlement à la mer, elle variait bien sûr en forme et matériau suivant les époques, les clans,et le nombre de leurs membres. Ses plates-formes abritaient des chambres funéraires où étaient entreposés des ossements. Auparavant, les cadavres étaient exposés longtemps sur la côte avant que les restes ne soient déposés dans les chambres funéraires. Devant le ahu étaient aménagées une pente douce composée de galets ronds.
Deux autres théories burlesques sur l'origine de l’île de Paques!
Voici juste quelques hypothèses échafaudées au fil de l'histoire pour expliquer le peuplement de l’île et le mystère des statuts...
Par exemple, l'origine américaine des Pascuans affirmé par le pasteur Williams en 1820, sous prétexte que les polynésiens ne savaient pas construire de bateaux assez solides et que ce qui peuplèrent l’île avait donc dû profiter des vents favorables d'est en ouest.
Un autre type, doutant aussi des capacités nautiques des polynésiens, imagina le peuplement de la région à pied sec, celle-ci appartenant à un grand continent englouti ensuite par les eaux.
De même, Pierre Loti, ayant fantasmé sur des voies romaines se perdant dans l'océan, ne fut pas loin de conclure à « un lambeau de continent submergé jadis comme celui des Atlantes ». Des missionnaires du XIXe siècle ne connaissant pas bien sûr l'histoire comparée des religions, en déduisirent que les Pascuans étaient d'origine hébraïque car certains de leurs récits représentait des analogies avec la Bible et la genèse.
D'autres évoquèrent des origines africaines, Égyptiens, aryenne, voir « viking ».
Des théories plus folles émergèrent des 50 dernières années, liée à l'astrologie et aux sciences occultes, à coups d’ondes de toutes sortes et de force électromagnétique, jusqu'aux extraterrestres débarquant pour aider les Pascuans a soulevé leur moaïs...
En fait, la seule hypothèse qui aurait pu être crédible, car elle s’appuie sur un vrai travail de recherche scientifique et archéologique, fut celle du norvégien Thor Heyerdal. Il y a 40 ans, il tenta de prouver que le peuplement se fit à partir des amérindiens et, plus précisément, du Pérou, se fondant particulièrement sur un ahu représentant un appareillage de pierres parfaitement ajustées de type Incas, sur la présence de joncs totora dans un cratère de volcans (plantes qui ne pousseraient, d'après lui, qu'en Amérique du Sud), et sur la découverte de petites statues pré-moaïs présentant des analogies avec les sculptures de la culture Tiahuanaco (en Bolivie). Il tenta alors la fameuse aventure du Kon-tiki, bateaux en totora qui réalisa la traversée d'est en ouest. J'ai trouvé, aujourd'hui, que ce rapprochement était pas trop superficiel. Pour conclure, à l'instar des Mayas, les Aztèques, des Égyptiens commençaient un peuple de bâtisseurs géniaux et patients, en adéquation, à un moment donné de leur histoire, avec leur environnement.
J'espère que vous ne vous êtes pas endormis en lisant ces quelques lignes….
Nous avions réservé notre hébergement depuis la Nouvelle-Zélande. Une fille nous a accueilli à l'aéroport avec des colliers de fleurs pour nous souhaiter la bienvenue. Nous avions décidé de camper car l’hébergement est plutôt cher. Christopher avait beaucoup de boulot et travailla donc le soir assez tard. C'est au bout de deux jours, que l'on nous fit une remarque sur la consommation d'électricité.
Et oui ! Après huit mois de voyage, c'était la première fois qu'on nous demandait de payer pour notre électricité. Les proprios avaient la mauvaise habitude de se servir dans le paquet de clops de Christopher sans lui demander. Nous avions prévu de faire une balade de trois jours à cheval pour visiter le nord de l’île avec la famille de la propriétaire.
Le soir, Christopher refusa d'offrir une cigarette au type qui nous avait fait la remarque. Apparemment lui et son copain, n'ont pas arrêté de nous insulter en espagnol et en Rapa nui.
Vous connaissez tous Christopher, il ne lèverait pas le poing pour ci peu. Bien qu’il me rabâche que les « contacts » du rugby lui manquent.
Nous avons donc passé la fin de notre séjour dans une autre pension en ville tenue par Erika.
Le jour de notre arrivée, nous apprenions que l'île était en pleins préparatifs du Tapati 2005, le festival le plus important de l'île qui dure 2 semaines pendant laquelle des équipes représentant les 2 candidates pour Miss Rapa Nui vont concourir dans les épreuves traditionnelles telles le danse, pêche, cuisine, gravure de bois, taille de pierre, surf, course, luge de bananier, équitation etc.
Nous décidâmes rapidement de prolonger notre séjour. Le tapati Rapa nui consiste à une série de compétition afin d'élire la reine de l’île. C'est un peu comme Interville !
J’ai même participé !!!!
Note de christopher
Bien que c’est évident que vous êtes en plein hiver, c’est difficile d’imaginer le grisaille et le froid Nantais ici en regardant une mer bleue merveilleux avec des petits bateaux qui flottent dans le port.
J’ai fait planer suffisamment de mystère autour de ma participation, pour enfin vous avouer que je n'ai participé qu'aux répétitions...
Il fallait rester jusqu'aux 23 février date du final. Bon, c'était quand même pas mal. Au début, j'avais du mal à coordonner les mouvements avec le balancement de mon bassin.
Nous avons bien sûr pu admirer les différentes représentations des deux équipes aussi bien en danse, que la musique, et chose extraordinaire l'accordéon fait partie des instruments traditionnels de l'île.
Dommage qu'il faisait un temps pourri. Il pleuvait des cordes et les pauvres filles sur scène étaient trempées jusqu'aux os. Nous ne savons toujours pas aujourd'hui qui est la reine pour l'année 2005.
Mais parlons un peu plus de l'attraction de l'île de Pâques : les Moaïs.
Bien sûr dès le premier jour nous sommes allés à la rencontre des statuts de la ville. Il y en a une, face tournée vers la mer carrément dans le port de Hanga Roa. Puis, un ahu avec cinq statuts de tailles différentes un peu plus loin. Il y avait aussi un Moaï, le seul de l'île, qui a été entièrement restauré, c'est-à-dire avec ses yeux de corail. Partout, lors de nos visites, nous étions accompagnées par des troupeaux de chevaux sauvages ou de vaches qui foulaient allègrement les pétroglyphes si fragiles.
Il faut savoir, que tous les moaïs de l'île qui sont aujourd'hui debout, ont été restaurés par un bienfaiteur japonais ou autres fondations. Comme vous l'avez lu un peu plus haut, tous les moaïs et de l'île ont été renversée par les tribus.
En une journée, nous avons fait le tour de l'île, visité tous les sites archéologiques, fait trempette dans le pacifique et monté au point le plus haut. Bien sûr ! Tout ça en voiture !
Chaque site à son propre charme, nous avons commencé par l’ahu Vinapu, qui tient une place à part avec les pierres assemblées à la Machu Picchu. C'est ce site qui a fait fantasmer Thor Heyerdqhl et suggéra que les pascuans pourraient être originaires d'Amérique latine. En tout cas, la tribu qui éleva cet ahu était la plus puissante de l'île : bonne terre pour les cultures, eau fraîches à proximité, accès aux deux côtés de l'île (pratique pour la pêche quand les courants changeaient).
Nous avons poursuivi le long de la côte, des tas de pierres étaient assemblées par-ci par-là en vue d'une prochaine élévation de statues. En fait, il y a plein de ahus prêt à recevoir les moaïs un peu partout dans l'île.
Le volcan Rano Raraku m'a beaucoup ému. C'est le volcan qui servait de carrière à tous les moaïs de l'île. On y dénombre presque 400 statues, debout sur les pentes du volcan ou inachevées dans les carrières. C'est vraiment impressionnant ! Surtout, que certaines statues ont été quasiment englouties par une coulée de boue et que ces immenses visages sont si accessibles. Je crois les avoir tous caressés. Parfois, les moaïs couchés s’imbriquent complètement. Le plus grand mesure 22 m ! Quelques statues, pratiquement achevées, possèdent une sorte de «rampe de lancement » taillée dans le roc. Il plane dans cette carrière un mystère étrange. Pourquoi tant de statues inachevées dans les ateliers, comme si le travail s'était arrêté d'un coup : guerre sanglante ayant décimé les ouvriers, maladie mortelle ou manque de bois ou de personnel pour faire glisser les statues ?
Quel cataclysme arrêta net la production, si l'on ne se contente pas de l'explication de la sorcière à qui on avait volé une langouste, laquelle possédant un mana redoutable, ordonna que tout cesse !
Quant aux statuts encore debout des sites disséminés sur les pentes, les archéologues déterminèrent que leurs regards balayaient un peu plus de 180° de l'horizon, comme si chacune d'entre elles semblait investie d'une mission de protection et d'observation. La légende rapporte, en effet, que chaque moais regarde une partie du monde dont il détient le pouvoir. Cela expliquerait aussi pourquoi l'île était appelée le « nombril du monde ».
L’un des moaïs est debout et tranche par sa forme inhabituelle : c'est une statue de l'homme à genoux, appelée tukuturi. Curieusement, on a retrouvé aux îles marquises deux petites statues identiques !
Nous sommes retournés à plusieurs reprises dans la carrière tellement le site nous avait impressionné. Du haut de la colline on aperçoit l’ahu Tongariki. Restauré grâce aux subsides d'une société japonaise, qui pour faire la promotion d’une grue énorme.
Tongariki est le plus important site de moaïs de l'île réunissant 15 statues géantes sur un même ahu.
Dans la baie de La Pérouse on y découvre, un étrange oeuf de pierre, centre de l'île, nombril du monde d'après la tradition orale. La pierre recèlerait une force magnétique importante et lors de notre deuxième visite, Christopher en a fait l'expérience avec sa boussole.
Un peu plus loin se trouve la plage d’ Anakena. C'est là qu’aurait débarqué le roi Hotu Matua. C'est la plus belle plage, avec la seule cocoteraie existant sur l'île. On y découvre l’ahu NauNau dominant superbement l'ensemble. Cinq statues possèdent leur Pukao (chapeau ou coiffe). C'était merveilleux de nager dans cette mer si chaude et si limpide et d'admirer en faisant la planche, ces statues géantes et pourtant si fragiles.
D'après les experts, avec le piétinement des animaux de l'île et les touristes, le sel marin et la roche friable des statues, dans 100 ans, les merveilles de l'île de Pâques ne seront plus qu'un souvenir... Alors dépêchez-vous !!!
Nous avons quitté l'île avec l'espoir d'y retourner un jour. Ces 12 jours, nous ont tous les deux enchantés. Christopher, qui ne croit pas trop aux « énergies » a quand même ressenti une force impalpable sur cette île. Nous avons rencontré des gens charmants et Christopher n'aurait jamais autant travaillé.
Nous avons mis les pieds sur le continent américain avec dans la tête la musique du festival (j’ai copié un CD) et la préoccupation de trouver une voiture pour nos prochains quatre mois.
Cette fois, j'étais en première ligne, je ne pouvais plus me réfugier derrière Christopher quand il fallait s'exprimer dans une langue étrangère.
Surtout que les Chiliens ont une réputation de parler en mangeant la plupart des syllabes et à une vitesse folle. Je ne me sentais pas capable avec mon espagnol scolaire de tenir une conversation par téléphone avec des propriétaires de voitures qui avaient passé une annonce dans le journal. C'est pourquoi je n'ai pas hésité une seconde à aborder dans l'hôtel un jeune couple Chilien qui dînait tranquillement.
Pablo et Cécilia ont 27 et 32 ans, ils sont dans la capitale depuis quelques semaines à la recherche d'un appartement. Pablo vient de l'île de Chiloé et Cécilia de la ville de Talca. Ils sont vraiment adorables ! ils nous ont pas mal faciliter la tâche. Nous sommes allés au restaurant ensemble, mangés des glaces avant d'aller voir un film au ciné.
Ils ont trouvé maintenant un appartement et nous invitent chez eux après notre périple en Amérique latine.
Nous avons mis un peu plus de temps qu'en Afrique pour trouver notre voiture. Nous sommes restés fidèles à notre Isuzu et nos 15,000 km. sauf qu'ici le volant est à gauche et que c'est une Chevrolet Luv. Et Luv c'est comme Love, ça nous portera chance.
Bon, les premiers jours elles nous a plutôt porté la poisse.
En effet, nous avions décidé de commencer notre périple par Valparaiso et la Côte Nord pour revenir à Santiago quelques jours plus tard. Christopher avait trouvé une équipe de cricket pour jouer 2 matchs. Il était comme un gosse qui attend avec impatience pour ouvrir ses cadeaux le jour de Noël. Je n'avais pas assisté à son premier match, il fallait se lever à sept heures du matin et prendre un bus et poireauter toute la journée sur la plage. Il a pourtant été l'homme du match !
Bref, nous sommes arrivés à Valparaiso vers 10 heures du soir, crevés par la paperasserie de la voiture et l'incompétence de la vendeuse du garage. Nous avions prévu de visiter la ville le lendemain dans le détail, car notre première impression n'était pas très bonne. La ville était sale, les maisons étaient rafistolées de partout. Chaque propriétaire ajoutait une succession de terrasses pour avoir une vue imprenable sur le port.
Le lendemain matin je fus réveillé par un appel des « carabineros » qui étaient devant la voiture avec une vitre cassée, la radio volée et mon sac à dos avec toutes les affaires...
Nous avons passé notre journée entre le commissariat, la compagnie d’assurances et le garagiste.
Nos deux heures passées au commissariat méritent quelques lignes :
Nous avons été accueillis par le lieutenant en chef. La radio était allumée, genre, Sky Rock, et son stagiaire tapotait du pied pour marquer le rythme de la musique. Christopher discutait avec les types et demandait avec son espagnol d'une semaine pourquoi certains avaient une matraque et d'autre pas.
Imaginez le à s'exprimer avec de grands gestes, parlant très fort et tutoyant tout le monde !
Le lieutenant ne comprenait pas qu'elle était mon nom, pourquoi je m'appelais Bartlett. Pour le nom Christopher, j’avais trouvé le bon exemple : Pablo c'est Christopher et Neruda c’est Bartlett - la maison du célèbre poète était juste en face du commissariat.
En relisant le dépôt de plainte avant de l'envoyer à l'assurance, Christopher remarqua qu'il s’appelait Christopher British Citizen … Inscription qui était juste au-dessous de son nom sur le passeport.
De retour à Santiago il fallait reconstituer ma garde-robe. Il ne me restait qu'un T-shirt, une jupe, deux slips et mes tongs !!!
Heureusement, c'était les soldes !!!
Depuis notre arrivée à Santiago, je n'avais q’une de hâte c'était de reprendre la route. Nous avons donc mis le cap vers le sud !
Comme par le passé, nous avons avalé les kilomètres, les villes se sont succédées les unes après les autres. Nous avons fait une halte à Villarica. Nous avons étrenné notre nouvelle tente (celle de Christopher avait rendu l’âme après 8 années de loyaux services) et notre matelas gonflable super épais.
Nous étions tout proche d'un des nombreux volcans actifs du Chili. Nous avons donc programmé rapidement une excursion d'une journée.
Au début, j'e n’étais pas très à l'aise à marcher sur de la glace avec mon piolet. Mais Christopher qui était derrière moi me rassura. Le reste de l'équipe félicita Christopher pour ses qualités de grimpeur. Il était aux anges !
La fraîcheur facilita la montée, et, c'est peu essoufflé que nous sommes arrivés au sommet. Nous avons pu admirer les éclaboussures de magma un verre de champagne à la main... Classe, non ???
La vue sur les lacs et les volcans environnants était superbe !
Nous avons entamé la descente sur les fesses... Nous étions protégés par des pantalons soi-disant imperméables. Une fois en haut de la pente, nous levions les pieds, un peu d'élan avec le piolet et c'est parti pour 1400 mètres de descente en luge humaine !!
Nous avions pleins de glace dans les chaussures et les mains gelées mais nous avions le sourire jusqu'aux oreilles.
Le matin nous avons plié bagages pour rejoindre l'île de Chiloé. L'île à la mauvaise réputation de mouiller jusqu'aux os tous les touristes qui la visitent. Nous n'avions pas fait 2 km que les essuie-glaces marchaient à plein régime.
Mais dès le lendemain, la pluie cessa jusqu'à la fin de notre séjour.
Longue de 200 km et large 50 km, Chiloé a toujours occupé une place à part au Chili, à son isolement et sa spécificité géographique, historique et culturelle. Découverte seulement en 1553 par les conquistadores espagnols, elle fut rapidement colonisée par les jésuites, déterminés à évangéliser la population en la divisant en construisant un impressionnant nombre d'églises.
Nous la quittâmes quelques jours plus tard pour rejoindre un autre bout du continent et reprendre notre route vers le sud. Après cinq heures passées dans un transbordeur, le ventre calé, le réservoir d'essence au taquet et Stéphane, un suisse allemand qui partagea notre quotidien pendant quelques jours, nous étions prêts à affronter la route chaotique que nous réservait la Patagonie chilienne.
S’en était fini du bitume de la panaméricaine qui commence en Alaska et d’une vitesse de croisière de 120 km/h. Nous avancions à peine à 50 km/h. Le soir, nous étions très loin de notre destination et il fallut malheureusement faire du camping sauvage au bord d'un lac, qui était en fait un bras de mer, une végétation luxuriante et un couché de soleil ahurissant sur les Andes. Stéphane et moi avons préparé le feu, Christopher avait recueilli de l'eau de la cascade et prépara un bon petit dîner....
La vie est dure ! hein ?
Nous reprîmes la route le lendemain, nous avions le temps d’admirer le paysage car nous ne pouvions pas avancer à plus de 20km/h…. Les paysages étaient grandioses…. Je n’ai pas le talent pour les décrire mais ils nous laissaient tous une impression d’espace et d’infini. La perspective était très large, nos regards se perdaient dans les montagnes immenses avec tous leurs glaciers bleus, les collines verdoyantes…et mystères….. pleins d’arbres morts… Nous pensions que cela devait être une épidémie ou quelques chose comme ça vu l’étendue des dégâts…Nous eûmes la réponse un peu plus tard…
Nous étions enfin arrivés à Coyhaïque. Nous devions faire une pause obligée car pour poursuivre notre route il fallait traverser la frontière et il nous manquait, d’après plusieurs personnes, des papiers pour la voiture et nous étions samedi…. Après avoir consulté pendant de nombreuses heures nos interminables messages sur notre boite aux lettres électronique (ironie…). Nous décidâmes de se renseigner une dernière fois au poste de police de la ville qui nous disait tout le contraire de ses homologues nordistes… Ce n était à plus rien comprendre….
J ‘en profita pour lui demander l’origine de ses arbres morts tout au long de notre chemin. Il m indiqua que c’était un feu souterrain qui dura près de 20 ans et commença dans les années 60. Impossible de trouver plus d’explications sur Internet….
Bref le lendemain nous avons passé la frontière comme une lettre à la poste !!!
Les routes s’étaient quelque peu améliorées…. Nous roulions à 70km/h et ce n’était plus de la terre mais des gravillons qui laissaient un nuage de poussière qui se voyait à des kilomètres.
Le paysage changea radicalement : fini les vertes prairies, les montagnes, les moutons et les arbres même calcinés et bienvenue aux Guanacos (cousin du llama….pas serge….pour reprendre une blague de ma mère), les Armadillos (hérissons plats), les Rhéas (genre d’autruches mais beaucoup plus petites) et les troupeaux de chevaux sauvages qui galopaient au milieu de ces arbustes tout ronds dans les camaïeux marrons si caractéristiques du paysage de la Patagonie argentine.
Première pause dans un restaurant argentin et premiers steaks énormes de 500g !!! pour la somme modique de 3 € !! et la Patagonie est réputée très chère !!!
Il fallait nous remettre de nos émotions après notre vision du paysage de El Chalten !!!
Carrément splendide … !!!
La chaîne de montagnes enneigées était comme en suspension sur les berges du lac qui couvrait toute la largeur des montagnes !!! la photo que vous voyez sur le site est une pale copie du paysage qui nous était offert. Nous avons dû prendre un tas de photos !!!!
Nous sommes arrivés dans cette ville aux allures de Far West !!! Les chalets biens confortables et préparés pour affronter les hivers rigoureux contrastaient avec la poussière qui nous aveuglait et le soleil qui nous cuisait sur place.
Nous avons laissé notre compagnon qui était décidé de se taper 3 jours de marche…
Nous nous sommes contentés d’une ballade….en voiture (Oh les faignants !!!) jusqu’au pied du mont Fitz roy et savouré une bonne petite salade au bord du torrent …
400km plus tard nous étions près d’une autre merveille de la nature : les glacier Perito Moreno. Nous avons dormis à El Calafate qui était parfaitement aménagé pour accueillir les touristes européens et les euros pleins les poches. Les rues étaient bitumées ( miracle ) les magasins regorgeaient de blousons en cuir et gore-tex, de souvenirs traditionnels, et de fringues bon chic bon genre…
Nous avons proposé à un groupe de touristes Israéliens de partager notre périple dans le parc national.
Nous avons passé 5 heures à photographier le glacier sur tous les angles en essayant en vain de capturer l’instant où un morceau se détachait dans un grand fracas.
Le glacier fait 5 km de long et 60 mètres de large. On le voyait d’en haut et on imaginait mal ses proportions. Il avance chaque jour d’un mètre mais des plaques énormes s’effondraient juste devant nous.
Nos premières impressions de l’Argentine furent très positives. Pour descendre un peu plus au sud et visiter le parc de Torres del Paine, il fallait entrer à nouveau au Chili.
Dommage pour nous, il faisait un temps de chiottes et les nuages masquaient complètement la vue. Nous avons croisé pourtant un renard qui n’était pas du tout effrayer. Je voulais voir l’autre mamifère à quatre pattes qui aurait croqué 2 touristes français….je veux parler du Puma …. Mais bon il s’est fait timide ce jour la.
Notre point le plus au sud du continent fut Puerto Natales au Chili. Nous avions prévu d’aller à Ushuaia mais une hernie discale se réveille petit à petit chez Christopher et faut limiter les kilomètres.
Nous sommes rentrés à nouveau en Argentine et nous avons repris notre appétit des kilomètres.
Rien à signaler sur plusieurs centaines de km sauf que les pistes s’étaient transformées en route bitumées mais le paysage était platement identique.
Nous avons fait une pause de plusieurs jour à Puerto Madryn pour reposer les pauvres os de mon petit vieux….
Aujourd’hui nous sommes à 400 km de la capitale.
