Sandrine and Christopher's trip around-the-world
Friday, November 12, 2004
Australie II
Le jour suivant nous étions 780 kms plus au Nord dans la ville minière de Coober Pedy.
La ville fut crée dans les années 20 après la découverte par un jeune australien d’un caillou scintillant appelé Opale.
Ce fut, bien évidemment, la ruée dans ce coin paumé de l’Australie. La ville compte 2500 habitants et toutes les nationalités sont représentées. L’opale attire encore quelques aventuriers mais «l’horizontale» (large trace d’opale dans la roche) n’est pas encore apparue derrière les coups de pioches pour la grande majorité, mais certains se démmerde bien, d’autres pas, un peu comme ailleurs quoi (note de Christopher).
Nous avons dormi underground (dans une grotte ) à 7 mètres de profondeur dans une auberge tenue par une bretonne…qui a quitté son île des côtes d’Armor il y 16 ans. Une fois à la surface il faisait une chaleur étouffante et nous étions assaillis par des bataillons de mouches très agressives qui avaient pour mission de pénétrer dans nos narines et nos yeux coûte que coûte. Christopher avait beau gesticuler et les insulter de tous les noms, elles revenaient toujours à la charge.
Nous avons visité une mine et nous avons beaucoup appris sur la vie du mineur au début du siècle dernier et bien sûr, sur la fameuse pierre précieuse.
Autre endroit très prisé à Coober Pedy : Crocodile Harry’s Nest…. Un noble de l’Europe de l’Est qui est venu chassé le crocodile après la 2ème guerre Mondiale dans le territoire du Nord…. Il aurait inspiré le personnage de Crocodile Dundee…. Il vit dans une grotte à quelques kilomètres en dehors de la ville et reçoit régulièrement les sous-vêtements de donzelles des 4 coins de la planète…il en fait la collection…La « légende » raconte que 1000 vierges auraient laissé leurs signatures (sur les murs) et autre chose peut être… Nous l’avons croisé qui allait prendre sa douche, et d’après Christopher cet homme de 80 balais tout rabougri me regardait avec convoitise…
Ouuuai mais l’odeur qui se dégageait de sa tanière me faisait plutôt penser à certains clients de St M la J…et je suis vite sortie préférant la compagnie des mouches…oui je sais, je suis peut être passé à côté de quelques chose…mais bon
Le soir, Christopher voulait faire la tournée des bars…. Heureusement pour moi il yen avait que 2.
Nous avons rencontré Jody dans L’Italian club, un mineur d’une trentaine d’années avec la barbe façon Iggy pop , le couteau planté dans son chapeau et le filet par-mouche (genre de filet de pêche qui couvre le visage et qui protège les attaques des insectes à M…).
Jody est né à CP avec la passion de la mine héritée de son père. Il est parti quelques temps à Adélaïde mais a vite repris le seau et la pioche. Il ramasse en moyenne pour 50000 AU $ par an et vend la plus grande partie de sa production aux Chinois. Il nous expliquait qu’ici c’est encore le Far West : les règlements de compte se font au fond des mines et si la police chope un voleur, elle lui sauve la vie…
Il nous invitait à creuser la roche le lendemain et je m’imaginais déjà tomber sur un gros morceau d’opale mais nous avons préféré poursuivre notre chemin car un touriste allemand, avait eu la même proposition –il y a déjà 16 années de ça-, était partenaire en sortant de la mine, avait trouvé un bon petit paquet la première semaine et n’avait jamais plus quitté la ville….
Il faut dire aussi qu’une autre grande attraction touristique australienne nous attendait à 800 kms plus au nord : Ayer’s rock et les Olgas, ou comme les appelle le peuple Mala « les montagnes ULURU et KATA TJUTA.
Grâce au cruise contrôle de la voiture nous avons fait la route sans difficulté. Pour ceux qui ne sont pas abonné à Auto Plus le Cruise control permet de fixer la vitesse et la voiture contrôle l’accélération ou le freinage en fonction de la « configuration du terrain ». On a juste à tenir le volant…. Et comme c’est que des lignes droites…..
Nous avons croisé nos premiers Road trains mythiques sur les routes de l’Outback australien : camion tractant jusqu'à 5 remorques. La longueur est en moyenne de 53 mètres.
Nous sommes arrivés dans le parc d’Uluru peu avant le couché du soleil. La réglementation est très stricte : interdiction de ramasser des graines ou des roches dans le parc, bien évidemment, laisser les animaux tranquilles et ne pas prendre en photos des lieux sacrés…..
Désolé, mais je risque de faire tomber un mythe (oui je sais, c’est la 3ème fois que j’emploi ce mot en peu de temps) mais la montagne au couché du soleil n’est pas aussi rouge que sur les photos…. Certains touristes se sont levés à 4H30 du mat pour prendre Uluru au levé du soleil…
Mais nous avons préféré le tour guidé de la montagne à une heure plus raisonnable de la matinée.
KATA TJUTA et plus particulièrement ULURU sont des lieux sacrés pour le peuple Mala. Le serpent arc-en-ciel et un autre serpent vénéneux se sont battus sur le site il y a un certain nombres d’années. Tout autour d’Uluru les peintures rupestres illustrent des divinités aborigènes et nous n’avions pas le droit de photographier, c’est contre leur culture. Je matais de loin un groupe de Japs pour vérifier s’ils respectaient bien la règle. Heureusement que j’étais là !!!
Ce qui est contradictoire dans ce respect des coutumes, c’est que les aborigènes ne veulent pas que les touristes montent sur le rocher mais le parc les laissent quand même grimper !!!
D’après les brochures la plupart des visiteurs viennent à Uluru uniquement pour gravir le rocher. 600000 touristes en 2002 X 25 AU $ cela fait un petit paquet !!!
La montée était fermée parce qu’il y avait trop de vent au sommet ainsi que la veille car il faisait plus de 38 °C … De toute façon, nous ne serions pas monter puisque c’est le souhait des aborigènes.
Nous avons croisé un couple d’ozzis qui étaient furax de se voir interdire l’escalade. Ils avaient fait des tas de kilomètres uniquement pour ça. Ils disaient que la montagne appartient autant aux abos qu’aux australiens, peu importe si cela ne plait pas aux propriétaires des lieux…
J’étais outrée…. J’avais envie de lui dire : « eh connard ! si tu entres dans un église tu ôtes bien ton chapeau, et si à l’entrée le port du short-débardeur est interdit, tu le respectes, bon ben alors !!!
Heureusement que Christopher m’a retenu parce que je lui aurais pété la gueule
Nous avons fait une petite ballade dans les Kata Tjutas, mais en plein cagnard c’est vite fatigant.
Je ne rajoute rien de plus sur Ayer‘s rock car vous avez sans doute vu le reportage de Thalassa en septembre.
Nous pensions être retenus plus longtemps autour du cliché de l’Australie, mais bon c’est trop touristique et une fois qu’on a fait le tour, y’a pas de quoi s’éterniser alors, nous avons filé vers Alice Springs 450 kms au Nord.
Sur une carte du continent, cette ville paraît à côté des fameuses montagnes et certains touristes se font attraper en pensant qu’une fois atterrit à Alice ils sont à une ½ heure de route…
Nous sommes arrivés 4 heures plus tard. Nous avions un jour d’avance sur notre programme et nous avons rendu notre V6 plus tôt que prévu et c’est avec la larme à l’œil que Christopher a rendu les clés de son nouveau Joujou. (NDCB : n’importe quoi !)
Il n’y avait rien à faire à Alice mais nous sommes restés 5 jours, pour nous reposer mais surtout parce que Christopher avait trouvé un bon plan location : un camping-car arrivait à Alice et était loué à Darwin quelques jours plus tard. Pour 1 dollar par jour « Bargain ! » nous avons donc voyagé et dormi à bord d’un camping-car pas trop mal mais sans la clim dans le salon-chambre-salle à manger.
Depuis Coober Pedy nous avons croisé bien sûr beaucoup d’aborigènes mais souvent dans un état pitoyable : saouls, sales et sans travail. J’ai dit bonjour à certains que je croisais dans la rue mais c’était comme si je n’existais pas, comme s’ils vivaient dans un autre monde….
Nous nous sommes arrêtés pour dîner dans un pub et sur les murs derrière le bar était inscrit : John X, interdiction de servir pour mauvais comportement avec les serveurs … 3 mois pour Samantha Y pour n’avoir voulu sortir du pub à la fermeture…
Tous aborigènes….
Dans la plupart des magasins ou des pubs est inscrit : No shoes, No shirt, No service
Nous avons interrogé les gens du coin s’ils connaissaient un endroit où nous pouvions dormir car l’aire de repos d’en face risquait d’être envahit par les flammes : un feu, suite à un orage s’était déclaré à 30 kms de là et le vent était dans la bonne direction pour être rôtis pendant la nuit.
Nous avons repris la route le lendemain pour Katherine, 300 kms avant Darwin
Je fais un aparté sur les Kilomètres.
Pour bien vous rendre compte de l’immensité de l’Australie, notre voyage Melbourne-Darwin correspond à un Brest Montréal en voiture.Londres à Bagdad fait que 4600 bornes . Darwin-Cairns équivaut à Nantes – Moscou ou Londres Prague aller retour aller…..Ne considérez plus L’Australie comme une île !!!!
Même avec la clim, il faisait une chaleur pas croyable. Nous avons fait une halte baignade dans une source. Je pensais que l’eau allait nous rafraîchir, il faisait 42° C !!! mais, même l’eau était chaude : 34 °C !!!.
Une fois arrivée en ville nous avons visité le supermarché …. la clim était parfaite. Mais à peine sur le parking, on avait qu’une hâte, y retourner…..
Nous avons passé la nuit dans le parc de Nitmiluk pour faire une ballade en canoë dans les gorges de Katherine. Des Wallabies avaient pris possession du parking et nous étions ravis de voir enfin ces animaux vivants (il y en a plein, écrasés sur le bord des routes).
La température n’est pas beaucoup descendue pendant la nuit et même la recette de « grand-mère » , mouiller une serviette et l’utiliser comme couverture, ne suffisait pas….
A 9 heures le lendemain matin nous étions sur l’eau et la ballade fut très agréable et l’eau à 28 C!!! Nous avons piqué quelques têtes malgré les fresh water crocodiles sur les berges. Ces crocodiles sont plus petits que les « Salt water » et n’attaquent pas l’homme.
Ces derniers sont une vraie menace pour les Australiens. Comme les crocos d’eau douce africains, ils ont pris l’habitude d’attaquer l’homme. Nous faisons partis maintenant de leur chaîne alimentaire.
Dans le journal, l’autre jour, un couple et la belle-mère dormaient dans une tente, éloignée de la berge. Et pendant la nuit un crocodile a chopé le mari (dans la tente), l’a traîné sur plusieurs mètres jusqu’à ce que la belle doche intervienne en se jetant sur la bête en lui matraquant la tête. Ils s’en sont sortis avec de légères blessures !!! Incroyable, hein !!
J’ajoute que le croco peut courir à 40 kms/h et de rester loin de la berge pour les observer n’est pas un gage de sécurité.
Nous avons rencontrer un violent orage sur notre route et l’air fut plus respirable pendant quelques heures (33 °C). Nous avons passé la nuit dans le parc de Litchfield et au matin nous avons nagé dans « Florence Falls ». Cascade de carte postale très agréable. Un couple de français qui voyagent beaucoup a eu la même impression que nous sur l’Australie jusqu’à présent : Bof….(désolé Gilles…) les paysages ne sont pas si fantastiques que ça, nous n’avons pas vraiment rencontré de gens sympathiques (contrairement à l’Afrique du Sud), la faune (vivante) est invisible et il n’y a pas d’atmosphère particulière si présente dans notre précédant périple. Mais nous n’avons pas dit notre dernier mot !! Nous attendons avec impatience la première merveille naturelle du monde : la grande barrière de corail.
Nous allions enfin voir la mer !!! et l’idée d’une bonne baignade et d’une plongée pour Christopher nous donnait le sourire …
Sauf que la baignade est interdite d’octobre à avril car la côte est infestée de méduses !!.
« Box jellyfish » (littéralement boîte méduse) est l’animal le plus vénéneux du règne animal puisqu’il tue un homme en moins de 3 minutes. Ses tentacules atteignent 2 mètres de long.
Dommage !!!
Dommage aussi pour notre commandant Cousteau puisque la marée est très forte (marée basse de 10 kms) et la plongée est possible que 1 à 2 fois par mois !!
Nous avons visité le musée d’art de Darwin qui fut très instructif. Commentaires de mon critique d’art préféré : Y sont bourrés ou quoi, les gens qui font ces trucs là !!! Un gamin de 4 ans pourrait peindre la même chose !!! (J’ai quand même apprécié la plupart des œuvres – CB)
Une autre particularité de Darwin ?
Les mangues !!! Je me régalais à l’avance en voyant les champs à perte de vue avec les branches alourdis par ses fruits mûrs.
J’avais touché une mangue pas tout à fait mûre, et trop cher (3 AU $ la pièce soit presque 12 FF) à Katherine. 2jours plus tard mon corps (de déesse) était recouvert de boutons !!! J’étais allergique aux mangues !!! Mon fruit préféré des tropiques !!!
Nous avons rencontré des cueilleurs de mangues allergiques et leurs corps étaient recouvert de plaques rouges, énormes. Ils marchaient tous comme le bonhomme Michelin…
C’est bien payé (16 $ de l’heure) mais 90 % des employés sont allergiques et certains doivent passer plusieurs jours à l’hôpital !!!! Dingue !!!
Nous avons quitté le « top end » de l’Australie pour rejoindre Cairns à bord d’une nouvelle voiture mais sans les gadgets de la précédente. Nous avons dû nous retaper les même 1000 kms sur la Stuart Highway, du nom de l’explorateur qui a traversé pour la première fois l’Australie du Nord au Sud. Il a mis 10 mois. Jusque dans les années 70 c’était toute une aventure de faire cette traversée : le train est arrivé à Darwin en 1990. Il a fallut 100 ans pour finir la ligne Alice Springs-Darwin.
Rien a signaler pendant ces 3000 kms , des buissons, des termitières, de la terre rouge …
Christopher voulait s’arrêter à Mount Isa pour visiter une mine d’argent (la 3ème plus grande du monde paraît il) en plus, Lonely Planet était très élogieux sur la ville même.
Les auteurs ont dû manger des champignons Halu, parce que Mout Isa n’a rien de superbe ! Et la visite de la mine était hors de prix.
Par contre nous avons rencontré les professeurs de l’école de l’air le lendemain matin. Janet nous avait dis de visiter une de ces écoles mais Christopher ne voyait pas l’intérêt de voir une école pour de futurs pilotes.
En fait, ça s’appelle l’école de l’air parce que les cours se donnent par téléphone ou par radio. Nous avons même assisté à un cours sur l’Égypte et c’était très intéressant.
L’école existe depuis 1960 et couvre un territoire aussi grand que la France !!!
Les professeurs enseignent à 150 familles de l’école primaire jusqu’au collège pour des enfants qui vivent trop éloignés de l’école du village….
1000 kms plus tard nous étions à Townsville. Petite ville côtière, très bien aménagée pour des tournée café, resto, bar, boîte de nuit… avec des bâtiments forts sympathiques.
Nous avons trempé nos fesses à Mission Beach dans une eau à 30 °C !!!
C’était presque trop chaud !!
Les méduses tueuses sont présentes aussi sur ces côtes, nous avons donc nagé dans un filet de la taille d’une bonne piscine olympique.
Dernière étape : Cairns où nous avons fait hier une superbe excursion sur la « grande barrière de corail. C’est un élément naturel que l’on voit de la lune. Christopher a fait 3 plongés et j’ai passé 3 heures sous l’eau avec un masque et un tuba.
Les récifs sont vraiment magnifiques, habités par des milliers de poissons multicolores. Nous avons vu des tas de poissons clowns, ange, des barracudas, des requins de récif, quelques tortues, une concombre de mer, ….
Je vous écris ces dernières lignes devant la piscine du Backpacker. Christopher fait son sac car cette aprem nous volons vers Brisbane, où la cousine de ma mère nous accueille jusqu’à notre départ définitif de l’Australie.
