Sandrine and Christopher's trip around-the-world
Friday, July 23, 2004
 
Mozambique
Sandrine à nouveau :
Nous avons passé 10 jours en tout à Tofo. Nous avons rencontré des gens très intéressants :
Un couple d’américains qui travaillent pour une association en Afrique du Sud, des babas cool qui vivent de la vente de leurs bijoux de perles et de coquillages, Isabelle et Antonio et Raphaël.
Doug et Nikia viennent de Los Angeles et vivent parmi une communauté Tswana. Depuis 1 an et demi, ils aident les professeurs d’école à mettre en place un nouveau programme d’enseignement. Nous avons beaucoup joué aux cartes et Nikia m’a beaucoup fait pensé à une certaine Florence L…
Comme ils sont américains ils doivent récupérer pour les villageois les numéros de téléphone de Jennifer Lopez et snoop doggy dog…
Claire et Simon, deux hippies, avec les dreadlocks et les fringues de 10 ans d’age, m’ont suggéré de méditer régulièrement et j’ai hésité à ne plus jamais me laver les cheveux, mais claire m’a fait remarquer que j’avais les cheveux trop fins et que ça ferait moche..
Isabelle est une mozambicaine qui travaille à Maputo pour l’ambassade de France. Nous avions un stock de questions à lui poser depuis notre arrivée. Elle nous a appris que ces compatriotes sont assez racistes envers les blancs, les confondent avec l’ancien colonisateur portugais et  que nous sommes pleins aux as. J’avais remarqué que sur le marché les vendeurs nous regardaient avec mépris.
Un exemple : l’autre jour, après avoir acheter du pain à une marchande ambulante, celle ci me réclame mon polaire qui était noué autour de ma taille. Je refuse et elle me regarde furieuse. Puis elle me demande de lui donner de l’argent et je refuse à nouveau alors elle me dit « sacada » qu’isabelle m’a traduit par « va te faire foutre »
Isabelle nous a vivement déconseillés d’acheter de la nourriture dans les cabanes en palmier que l’on rencontre partout sur le bord de la route. Le choléra fait des ravages au Mozambique…
Ce qui est dingue dans ce pays, et isabelle l’a confirmé, le climat et la terre sont très favorables aux cultures mais les Moz sont trop fainéants et importent les tomates, la salade, les pommes de terre…et même les ananas. Il y a seulement 2 ans que la canne à sucre pousse dans le pays.
Nous avons rencontré Antonio et Raphaël sur la plage nous « forçant » à acheter leurs bijoux de perles. Ils fallaient répéter une bonne dizaine de fois que cela ne nous intéressait pas pour qu’ils partent…
Leur mère les a abandonnés 5 ans auparavant à l’age de 5 ans pour Antonio et 9 ans pour Raphaël. En observant Antonio nous avons tout de suite remarqué son charisme et son intelligence. Christopher a laissé plusieurs fois Antonio utiliser l’ordinateur. La première fois qu’il a vu son nom écrit sur l’écran, il était fou de joie. Il voulait voir des photos de notre maison mais nous en avions aucune. Nous aurions dû prendre quelques photos de Nantes aussi.
Il a bien rigolé en voyant les photos de mémé sans ses dents…. Son frère est plus timide mais tout aussi attachant.
En deux jours, Christopher et Simon, qui avait appris aux deux frères à faire des bracelets quelques mois avant, étaient résolus à retrouver leur mère pour qu’ils puissent retourner à l’école.
Petits détails :
Ils n’avaient pas de papiers officiels et même au Mozambique il faut « des certificats» pour poser ses fesses sur un banc d’école.
Antonio est hébergé dans une famille mais Raphaël dort dans la rue…

Ils sont partis dimanche matin à la recherche de leur maman avec comme indices son prénom et la ville où elle pouvait vivre.
Christopher avait pris une douche (la seule de la semaine…) et avait revêtu son habit de révérend pour faire plus crédible auprès des gens.
J’avais préféré rester sur la plage, doutant de l’honnêteté des enfants. Claire m’expliquait que pour vendre leurs bijoux ils mentaient souvent aux touristes. Et puis, il n’y avait plus de place dans la voiture.
500 kms et 10 heures plus tard, j’ai retrouvé mon Christopher tout chamboulé…
Ils avaient retrouvé leur maman, ravie de revoir ses 2 enfants. Elle en avait fait 3 autres depuis.  Antonio voulait vraiment revoir sa mère mais son frère ne lui pardonnait toujours pas ce qu’elle avait fait.
Antonio est resté avec sa mère pour les papiers mais son frère est rentré à Tofo. Simon savait que d’après la loi, tous les  mozambicains, sur simple demande auprès de la mairie obtiennent un terrain gratuitement.
Nouvelle mission pour Christopher : avoir plus de détails sur cette loi et aider Raphaël à construire sa maison.
Le lendemain nous étions à la mairie. Christopher a sorti pour la première fois sa carte de presse de l’église universelle car il faisait un reportage pour un magazine religieux….
A la fin de l’interview, l’employé curieux, lui demande des précisions sur son église et Christopher sort :
« _ C’est un mélange de toutes les religions. On pioche un peu dans le coran, la bible…et tout le monde prêche ce qu’il veut.
_ Vous acceptez même les musulmans !!!
_ Bien sûr ! »
Le type nous a quitté l’air très intrigué par ces deux journalistes.
Raphaël ne pourra pas construire sa maison de palmiers avant ses 18 ans. Il devra demander un terrain à la mairie, prévoir 300 FF pour les matériaux et une certaine somme pour le propriétaire des arbres…
Le terrain appartient à l’état mais les arbres plantés sont à quelqu’un d’autre. La négociation et la signature chez le notaire se font entre l’acheteur et le propriétaire des arbres…
Avant de quitter Raphaël, nous lui avons offert des claquettes (chaussures) et du fils et des perles pour faire des bijoux.
Nous sommes maintenant à Vilankulos, un peu plus au Nord. En route, nous avons vu notre premier baobab….
Ce qui attire les touristes à Vilankulos sont l’archipel de Bazaruto et son parc naturel, la plongée et comme toujours sur la côte tropicale, les cocotiers, le sable blanc et la douceur de vivre. Nous avons passé une journée sur une des îles, Christopher a fait de la plongée en bouteille et moi avec un masque et un tuba…. J’ai pu enfin voir mes premiers poissons tropicaux grignotant les coraux.
Nous sommes au baobab beach, endroit très sympa avec vu sur la baie et avec un immense baobab dans le jardin. Le baobab est pour moi le symbole de l’Afrique, bien que l’Acacia soit présent partout (Couché de soleil de l’affiche « Out of Africa »). La légende raconte que le créateur furieux contre cet arbre, le déracina et le planta à l’envers. Ils vivent plusieurs milliers d’années. Ils grandissent rapidement durant les 270 premières années puis leurs croissance se ralentis. Ils peuvent atteindre 40 mètre de hauteur et un tronc de 30 mètres de circonférence.
Nous avons cueilli un de ses fruits mais la chair est sèche et très acide dans la bouche. Elle enveloppe une graine en forme de cœur arrondi ou un rognon selon Christopher…
Nous étions censés quitter la ville lundi, mais Christopher était retenu jusqu’à mardi…..pour célébrer le mariage de 2 Sud Afs en vacances….
Nous avons rencontrés d’autre enfants sur la plage. J’étais toute seule contre 4 qui me réclamaient de l’argent ou mes tongs ou mon livre. Je refusais disant que je voulais plutôt établir un dialogue avec eux. Et que des amis qui discutent ensemble ne se donne pas d’argent…. Ils étaient un peu surpris mais nous avons commencé à discuter (moi en espagnol et eux en portugais et en anglais). Au bout de 10 minutes il y en avait 15 autour de moi. A chaque nouveau arrivant il me demandait de l’argent et ce sont les autres qui lui expliquait que je préférais discuter. Je les faisais rire en racontant je ne sais plus quoi. Christopher est arrivé. Il parlait en anglais avec eux. Il a proposé de jouer à différents jeux qui les ont fait beaucoup rire. Un des enfants à sorti son ballon fait de sac en plastiques attachés et ils ont commencé à faire une partie de foot. Les enfants étaient ravis et nous aussi d’avoir passé un moment ensemble. En partant l’un d’eux nous a demandés de lui acheter un vrai ballon de foot. J’ai dit « tal vez » qui veut dire peut être. Le lendemain en allant faire un tour au marché, je l’ai rencontré. Il me disait avec le sourire jusqu’aux oreilles «  Bum dia sandrina !! Como esta ? »
J’étais contente de le voir. J’ai compris qu’il me demandait si je me souvenais de lui et je lui répondis : « Claro que si me recuerdo…mi amigo ! »
Il était très content.
Christopher était parti pour la journée pécher avec des Moz dans un bateau traditionnel appelé ‘dhow’. Quant à moi, j’ai rencontré une famille de libraires de Caen qui m’avait offert un bouquin en Français, fabuleux cadeau que j’ai immédiatement dévoré. L’après midi j’ai retrouvé les enfants sur la plage. La vieille j’avais compris qu’ils insultaient un anglais marchant sur la plage. Je leur ai dit que ce n’était pas bien et m’ont répondu que les blancs n’avaient rien à faire en Afrique !!! Qu’ils étaient des immigrés et tout et tout…je leurs disais qu’il avait en Europe des peuples de toutes les origines et que « je » ne pensais pas la même chose d’eux. 

Thursday, July 08, 2004
 
Enfin
Sandrine reprend quelques jours plus tard :

Bref quelle fut ma surprise quand on est arrivé dans le backpacker d’Umkomaas, le KWAMNANDI ; le sol en ciment teinté, canapés en cuir, salle de bain nickel. J’ai tellement complimenté Karen, la gérante, sur sa déco, qu’elle nous a chouchoutés toute la semaine.

L’hiver en Afrique du Sud n’a rien à voir avec notre hiver européen : 25 °C en moyenne le jour, un peu plus frais la nuit, mais ça va. Par contre au Lesotho la nuit il fait froid (-4 °C).
Nous y avons passé à peine 24 heures. Comme vous pouvez le constater sur les photos les paysages sont au début assez terne et se colore un peu plus vers le nord. On a croisé 3 types déguisés dont l’un avec des cheveux longs et des cornes de bœufs sur la tête. Ils voulaient qu’on s’arrête, mais à leur allure on a plutôt accéléré. On a su plus tard que cela pouvait être le sorcier du village et ses assistants cherchant les ingrédients d’une mystérieuse potion magique.
On a traversé le Lesotho sans vraiment rencontrer sa population ni visiter des points stratégiques comme les peintures rupestres des San ou les zones artisanales car Christopher devait se connecter pour envoyer un boulot de trad mais Vodacom n’a pas étendu son réseau jusqu’ici. Tan pis, ce sera pour la prochaine fois.
Le lendemain, direction les champs de bataille…Hum, je n’y connaissais rien alors il a fallu que je potasse le Lonely Planet sur les guerres anglo-boer-zoulou…passionnant
En chemin, on s’est arrêté par hasard dans un centre culturel Basotho (peuple du Lesotho). C’est un village traditionnel préservé avec son chef, ses 3 femmes et son sorcier.
Le guide nous a présentés au chef via son conseiller parce que le chef ne s’adresse pas directement à vous mais c’est le conseiller qui vous répète ce que le chef vient de dire.
On devient conseiller en jouant avec tous les hommes du village à un jeu de société !!!
Le guide m’a précisé très délicatement que les femmes étaient sans importance dans leur société et c’est Christopher qui a goûté le premier la bière locale en signe de bienvenue. Je ne sais pas pourquoi, mais Christopher a posé beaucoup de questions sur la polygamie.
En général, les deux premières femmes du village sont choisies par la communauté et c’est cette dernière qui paie une dote à la famille de la future mariée. La troisième par contre c’est le chef qui la choisie… Les 3 femmes doivent avoir le même type de maison avec les mêmes équipements pour éviter toute forme de jalousie. Par contre seul le premier fils de la première femme deviendra chef à son tour.

Visiter les champs de bataille de m’a pas vraiment passionné. J’ai préféré les boutiques de souvenir-déco-artisanat… Je voulais acheter un bouclier zoulou en peau de bête noir et blanc comme dans le film SHAKA ZOULOU avec la saggai et le knobkerrie (la massue). Mais bon, transporter un bouclier dans un sac à dos ce n’est pas évident. Tan pis ce sera pour la prochaine fois !
900 km plus tard on était à DURBAN soit 60 km plus haut qu’ Umkomaas.
Durban sera aussi pour la prochaine fois. Les villes, ce n’est pas vraiment notre truc alors nous avons filés vers le Nord en suivant la côte (côte qui a été rebaptisée Dolphin Coast) pour atterrir au SWAZILAND. Ce pays compte 860,000 habitants et 42 % de la population a le sida….certains chefs de famille ont seulement 6 ans !!!. 1 % des enfants contaminés n’atteindront pas l’âge de 5 ans.
Pour parler de cette maladie qui fait des ravages sur tout le continent, notons quelques pratiques :
Pour beaucoup de noirs africains le SIDA est juste un mauvais sort jeté par un membre du village qui vous veut du mal. Pour guérir, il suffit de violer une fille (je n’ose pas préciser le terme de vierge) de 5 ans (au Swaziland certains nous ont dit à partir de 3 mois…). Les campagnes d’informations ont dû modifier leur message : « demandez à votre violeur de porter un préservatif »
Mais reprenons….
Nous avons dormi à Manzini dans une auberge de jeunesse tenu par des Swazi très sympas. Comme Christopher devait bosser, je me suis mise à ma broderie et les filles ont voulu toutes essayer. C’est la mère qui était surtout fascinée par le point de croix, à tel point que je lui enverrai l’ouvrage de la « cuisine » quand il sera fini. Elle le trouvait si beau…
Nous les avons quittez le lendemain car il fallait rejoindre la « capitale » pour faire nos visas pour le Mozambique.
Le type au guichet a refusé notre demande de visa car Christopher avait rempli une partie au crayon rouge (le noir ne marchait plus) alors, il a fallut recommencer et refaire la queue. Christopher a marmonné quelques mots style :di… He..d ou F..ck. et au deuxième tour j’ai sorti mon plus beau sourire et un bom dia et nos passeports étaient tamponnés…
Ouf.. !!
Nous avons profité d’un village artisanal qui n’était pas loin pour faire nos achats « cadeaux » et je me suis offert 3 bracelets en bois et en os !! Dans notre guide, il est mentionné que le marchandage est de rigueur (si tu acceptes le prix qu’on te propose, tu es pris pour un imbécile) alors j’ai marchandé.
Après ça nous avons rejoint la frontière qui était la plus proche de notre prochaine destination mais nous sommes arrivés ¼ d’heure après la fermeture des barrières et il a fallut faire un détour de 2 heures et se retaper les 15 km de pistes sablonneuses !!!
Enfin, ce n’est pas grave, nous avons un an de vacances après tout… !!

Le surlendemain nous étions au Kruger National Park.
Le parc Kruger est une des plus grandes réserves d’animaux sauvages avec :
150 000 impalas,
11,000 éléphants,
2000 lions,
1000 léopards,
200 guépards,
9000 girafes,
5500 rhino blancs,
et un nombre inconnu d’hippos
32000 zèbres
5000 koudous
25000 buffles
4000 phacochères et plein d’autres encore

J’avais hâte de voir la grande famille de la bestiole (Achille, mon chat….) mais aussi les girafes, les éléphants …
Christopher m’avait réveillé tôt pour être de bonne heure dans le parc et profiter de la journée mais monsieur a passé 2 heures dans un supermarché !!!
Bon OK c’était la dernière occas pour se ravitailler avant le Mozambique (Moz pour les intimes) mais quand même !! 2 heures !!
Du coup nous étions à 11h 30 à l’entrée du parc et seulement 6 heures (et 2 jours …) pour tout visiter.
Notre première bête était un Koudou femelle puis nous avons rapidement vu des troupeaux d’impalas broutant tranquillement au bord de la route, des babouins assis en plein milieu qui mangeaient un fruit ou se dépouillaient, des girafes toujours accompagnées de quelques zèbres, une famille de phacochères.
Et puis il y a eu l’éléphant :
Quand il y avait des voitures arrêtées sur le côté c’est qu’il avait quelque chose a observer. Il y avait tout un groupe près d’une réserve d’eau qui regardaient au loin quelques éléphants. Je voyais vaguement quelque chose mais rien de précis alors nous avons fait 10 mètres vers un autre point d’observation et notre premier éléphant nous attendait sur le côté en arrachant tranquillement tout ce qui se trouvait autour de lui.
Je n’étais pas très fière dans la voiture car j’avais entendu des tas d’histoires sur des touristes morts écrasés dans leur voiture par des éléphants qui les avaient chargés.
Je m’imaginais, comme avec les chiens, qu’il pouvait sentir ma peur alors, j’essayais de rester calme et de respirer normalement surtout quand Christopher dépassa l’animal d’une enjambée pour faire un demi tour…. Mais tout c’est bien passé.
Nous avons passé la nuit dans le camp d’Orpen en écoutant les lions faire leurs petits bruits. Ils étaient à 50 mètres de la grille mais nous ne les avons pas vus.
Le lendemain, en sortant du camps, un troupeaux de buffles nous attendaient. Ca ressemble pas mal à des vaches, en fait. Nous avons suivi une route qui nous faisait longer une rivière et nous avons vu beaucoup d’autres éléphants, des crocodiles, des impalas (bien sûr, il y en a partout) et des hippopotames qui se doraient au soleil.
Avant les hippo il y a eu les lions !!!
Nous les avons vus sur la rive opposée mais ils étaient trop loin pour bien les observer.
Avant de rejoindre notre camp pour la nuit, nous avons failli percuter un éléphant qui trimbalait une grosse branche sur la piste. Christopher étaient occupé à conduire et à allumer sa pipe quand TOUT A COUP j’ai aperçu la grosse peluche. Christopher s’est arrêté à temps mais je pense que nous l’avons effrayé. Il s’est mis à braire en avançant vers nous tout en continuant à jouer avec son balai de 10 kg. Il battait les oreilles et je me voyais déjà aplati comme une crêpe. Mais il s’est calmé et a continué son chemin…

Le soir nous avons dormi de bonne heure (20 H 30 oui, oui, c’est même Christopher qui s’est endormi le premier) car une marche à pied de 3 h dans la brousse nous attendait le lendemain à 5 H 15. Nous sommes allez au milieu de nul part en voiture. Les 2 guides ont sorti leurs fusils et ont commencé leur speech sur les dangers de notre ballade :
« On préfère perdre un touriste plutôt qu’un ranger, c’est plus facile à remplacer. C’est pourquoi nous serons tous les 2 devant et vous à la queue le leu derrière »
« Si une bête vous attaque surtout ne criez pas ! Ne courez pas non plus ! restez calme … »

Ouai, ouai, même pas peur !! …Bon j’étais la première derrière les guides mais c’était pour mieux observer.
Les fauves n’étaient pas au rendez-vous ce matin là mais nous avons vu des impalas, des zèbres et une girafe blessée qui doit être digérée depuis longtemps déjà.
Les guides étaient sympas, ils nous ont montrés différentes plantes (brosse à dent de la brousse, anis et coton sauvage).
Christopher m’a fait honte : il a sorti que s’il avait besoin de se torcher le cul, plutôt que d’utiliser une feuille qui est aussi douce que du PQ, il s’essuierait avec ses doigts et prendrait une épine pour se nettoyer les ongles après !!! ah … !!! mais je suis sûr que cela ne vous étonne pas de sa part.
Les 2 types ont rigolé mais l’on regardé bizarrement….

Nous avons repris notre visite du parc en voiture. A un moment Christopher s’est ensablé et il a fallu qu’il sorte pour tester les 4 roues motrices tout en oubliant qu’un lion aurait pu surgir par derrière.
Le soir nous étions à la frontière du Mozambique. Nous avons passé la nuit dans un backpacker tenu par des Sud Afs très sympas. Le Kruger n’étant pas très loin, de temps en temps des bêtes traversent la « crocodile river » et viennent brouter chez eux..
Nous étions le lendemain à midi à la frontière de l’Afrique du Sud et nous avons atteint l’autre côté 2 heures plus tard !!!
Et oui ! En vacances on oublie que d’autres peuvent l’être aussi et les Sud Afs partent tous en hiver au Mozambique
Il a fallut remplir des tas de paperasses, faire la queue et donner un backshisch au douanier parce que nous avions 40 litres de gasoil en rab dans le coffre.

On nous avait déconseillé de rester à Maputo, la capitale, mais plutôt de filer plus au nord en longeant la côté.
Quelques 350 kms plus tard nous étions à la praia (plage) do XAI XAI qui se prononce chai chai.
Les routes sont étroites, toutes cabossées et les mozambicains roulent n’importent comment :
Quand une voiture est en panne au bord de la route, ils arrachent une branche d’arbre qu’ils déposent au travers de la route. Une fois la voiture réparée ils partent en laissant la branche telle quelle.
Si on ajoute le facteur nuit et les phares des voitures d’en face mal réglés, le pauvre Christopher méritait bien un peu de repos. Nous avions choisi dans le guide le « fameux Terry’s Backpacker » pensant trouver un endroit tranquille, confortable et avec un coin cuisine pour faire notre popote.
Que ne ni.
Après quelques demandes de direction en portugo-espagno-anglais sans succès, nous atterrissons sur une place où 2 gamins nous interpellent :
-« Sir ! sir ! I Know a place to stay !! cheap cheap !!
- We’re looking for Terry’s Backpackers
- Yes ! yes ! I show you sir !
Et ils grimpent tous les deux à l’arrière de la voiture en nous indiquant le chemin à suivre.
Nous arrivons dans le restaurant tenu par la mère du propriétaire de l’auberge. Quelques minutes plus tard c’est son autre fils qui est chargé de nous indiquer la direction.
Il monte à son tour derrière et nous voilà reparti.
3 kms plus tard nous nous trouvons enfin dans le fameux backpackers. Mais il n’avait rien de fameux du tout. Plutôt piteux, ou miteux comme vous voulez. Le fils était très fier de nous montrer sa cuisine où même Emaiüs refuserait de récupérer les meubles.
Bref.
Nous avions de la viande au frigo qui n’attendait pas mais nous avons préféré manger au resto.
La nuit, nous avons regretté notre toile de tente, la hutte que nous avions choisie (la moins crasseuse) avait un lit tout poussiéreux et le matelas défoncé….Pour finir, Christopher s’est aperçu trop tard que les chiottes ne fonctionnaient pas…
A 9 h30 nous avions quittez nos hôtes qui nous incitaient à revenir la prochaine fois. Oui… oui….
Dommage, car ils étaient bien sympa et l’endroit magnifique : vue sur dunes et plage vièrge.

Direction Inhambane et la plage de Tofo où nous y sommes depuis 4 jours.
La plage est belle, sable blanc, mer turquoise et cocotiers. Le sable fait même du bruit ! (un bruit de plastique mouillé…ou quelque chose comme ça, ça couine quand on marche dessus). Quand nous avons posé nos pieds dessus pour la première fois ; nous cherchions le sol plastifié en dessous.

Aussi, nous attendons avec impatience les explications de nos amis géologues….

Malgré la saison sèche, il pleut tous les jours et nous gardons nos sweats sur le dos.
Nous avons quand même profité de quelques éclaircies pour faire trempette et de sortir la canne à pêche qui n’a toujours rien attrapé depuis Jeffray’s bay. (car il n’a pas servi beaucoup)
On a mangé de l’espadon, du « couta » (un autre gros poisson), et des langoustes géantes pour 30 FRF. La bière noire Mozambiquais, Laurentina Preta, passe très bien, bien mieux que les autres pisses qu’ils servent (Dois M, Manica) et ce matin Christopher est allez plongée sur un des nombres récifs réputés.
J’ai vu des raies à queue en ruban de 2 mètres de larges, un poulpe, et apparemment environ 25 autres espèces de poisson, mais il y en avait tellement, et ils étaient tous multicolores vifs, que je ne me rappelle que de la moitié. Demain j’espère sortir en mer dans une embarcation à rames avec un pêcheur du coin pour pêcher du gros. Départ à 5h du matin, retour en fin d’après-midi. Samedi je replonge, cette fois ci à 28 mètres, sur un récif ou habitent des raies mantas de 6 mètres d’envergure…….


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